Délégationdes Côtes-d’Armor

Rapport statistique du Secours Catholique

Précarité aggravée pour les plus démunis

Le Secours Catholique-Caritas France a publié ce jeudi 5 novembre son rapport annuel : « Statistiques d’accueil 2014 ».

Rapport statistique édition 2015

publié en novembre 2015

Fondé sur l’analyse des situations de pauvreté rencontrées par le Secours Catholique, ce rapport statistique révèle que la situation des plus démunis ne s’est pas réellement améliorée sur la période récente (2010-2014). Leur niveau de vie médian [1] n’a progressé que de 35 euros en quatre ans. La situation des plus défavorisés, qui n’ont pas accès au travail, voire au logement, continue à se dégrader, avec une précarité accrue et une augmentation de la proportion de personnes sans aucunes ressources.

Cette édition 2015 du rapport statistique [2] pointe particulièrement deux sujets cruciaux pour les plus vulnérables : l’accès à la mobilité et l’accès à la formation, qui sont considérablement compliqués par l’absence ou l’insuffisance de ressources. Or, formation et mobilité sont deux leviers clés pour le retour à l’emploi. Les situations identifiées au plan national se retrouvent, souvent confirmées, parfois aggravées, en région Bretagne et dans le département des Côtes-d’Armor.

Se dessine ainsi une véritable « fracture mobilité » : plus de 50 % des personnes en situation de précarité âgées de plus de 60 ans indiquent devoir contraindre leurs déplacements. Ce sont plus de 70 % pour les moins de 60 ans. Ainsi se trouve affectée leur capacité à accéder aux droits fondamentaux (logement, soins, travail, formation…), alors que s’accroissent les problèmes d’isolement et d’absence de vie sociale. Un grand nombre de situations rencontrées par nos équipes en Côtes-d’Armor reflète ce problème : même faire ses courses peut devenir difficile, notamment en zones rurales (particulièrement en Centre Bretagne).
Si des réponses existent en matière de transports en commun urbains, hors des agglomérations le problème reste posé. Les liaisons existantes, par car ou train, notamment, apparaissent encore trop coûteuses, trop rares et peu adaptées aux besoins des plus démunis. La desserte par car, notamment, semble plus pensée par rapport aux problématiques de ramassage scolaire, voire d’accès touristique au littoral, qu’en fonction d’un réel maillage du territoire et de réponses aux besoins de mobilité des populations, notamment des personnes qui travaillent ou recherchent un emploi. Ainsi, il est frappant d’observer le déséquilibre entre les parties nord et sud du département des Côtes-d’Armor. Au-delà de l’impact de cette absence de desserte pour les plus défavorisés, on peut d’ailleurs penser que cette situation nuit également au développement économique régional, particulièrement pour le Centre Bretagne. L’absence de coordination des transports en commun par la route au plan interdépartemental vient d’ailleurs aggraver cette situation.

L’accès à la formation pour les plus démunis en recherche de travail est un autre aspect important de leurs difficultés. Moins de 1 % des personnes accueillies indiquent bénéficier d’une formation. Cette proportion monte à 3 % lorsqu’elles sont en recherche d’emploi. Or, sur l’ensemble des demandeurs d’emploi, le pourcentage est de 9,5 % !
Diverses initiatives, notamment dans les domaines associatifs et ceux de l’économie sociale et solidaire, apportent des éléments de réponse aux difficultés rencontrées. Le Secours Catholique, quant à lui, travaille dans la mesure de ses possibilités, avec les personnes rencontrées, à identifier des solutions et à les mettre en œuvre : covoiturage, microcrédit, circuits courts, mutualisation des achats… Ces réflexions et travaux sont menés lorsque cela est possible avec d’autres associations. Mais tous ces efforts, bien évidemment nécessaires, ne sauraient suffire ni pallier l’insuffisance des politiques publiques.

C’est pourquoi, à la veille d’élections régionales importantes, le Secours Catholique rappelle aux candidats qu’il est de la compétence et du devoir des Régions d’apporter des réponses bien plus ambitieuses à ces deux fractures. Formation professionnelle et transports sont des leviers pour le développement régional, il n’est pas acceptable que les plus défavorisés en soient exclus. La solidarité doit être l’affaire de tous !

>> Écouter l’interview diffusée le 5 novembre 2015 sur RCF :

[1] Médiane d’un ensemble de valeurs : c’est la valeur de cet ensemble qui divise celui-ci en deux parts égales. La moitié des valeurs de cet ensemble est inférieure à la médiane, l’autre moitié lui est supérieure.

[2] Consultable sur : http://rapport.secours-catholique.org

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