Engagés depuis de nombreuses années à Saint-Brieuc, des citoyens souhaitent rejoindre et renforcer le mouvement mondial du refus de la misère, dont cette réplique est le témoignage.
Un collectif 17 Octobre s’est constitué, regroupant ATD Quart Monde, le Secours Catholique, Amnesty International, la municipalité de Saint-Brieuc, France Bénévolat, l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture et des exécutions capitales, la JOC, le CCFD-Terre Solidaire, le RESIA (Réseau Solidarités Internationales Armor) et Solidarité internationale de la Baie, la Ligue des droits de l’homme, les Amis des Petits frères des pauvres, le lycée Freyssinet, des enseignants, des citoyens qui refusent la misère.
Les missions du collectif :
• Faire entendre la voix des personnes vivant la misère et l’exclusion en s’engageant auprès d’elles dans la durée pour que l’égale dignité de tous soit respectée ;
• Interpeller régulièrement les responsables politiques, économiques, sociaux et culturels et s’adresser à tous les citoyens pour que soit appliquée dans notre département la loi d’orientation de 1998 relative à la lutte contre les exclusions ;
• Veiller à ce que la dalle déposée place des Droits-de-l’Homme à Saint-Brieuc devienne chaque jour davantage un lieu de commémoration pour tous ceux qui s’engagent auprès des plus pauvres, qui partagent l’ambition de dénoncer, de combattre et de faire reculer la misère.
Le 17 octobre : journée de mobilisation
• Pour témoigner des conditions de vie des plus pauvres, de leur souffrance, de leur humiliation, mais aussi de leur combat pour leur recherche de dignité.
• Pour refuser qu’une partie de la population de notre planète, de notre continent et de notre pays, soit privée des droits fondamentaux. La misère n’est pas une fatalité.
• Pour s’engager à rejoindre les personnes qui luttent contre la pauvreté et décident d’agir au quotidien dans le travail, les réseaux, la vie associative, en tenant compte de la parole des plus pauvres et de l’enseignement qu’elle délivre.
Strophes proclamées par le père Joseph Wresinski le 17 octobre 1987 au Trocadéro à l’occasion du rassemblement des défenseurs des droits de l’homme :
« [En l’honneur des] millions et millions d’enfants,
de femmes et de pères
qui sont morts de misère et de faim,
dont nous sommes les héritiers.
Vous qui étiez des vivants,
ce n’est pas votre mort que j’évoque aujourd’hui
en ce parvis des libertés,
des droits de l’homme et du citoyen,
c’est de votre vie que je témoigne.
Je témoigne de vous,
mères dont les enfants condamnés à la misère
sont de trop en ce monde.
Je témoigne de vos enfants
tordus par les douleurs de la faim,
n’ayant plus de sourire,
voulant encore aimer.
Je témoigne de ces millions de jeunes
qui, sans raison de croire, ni d’exister,
cherchent en vain un avenir en ce monde insensé.
Je témoigne de vous, pauvres de tous les temps,
et encore aujourd’hui,
happés par les chemins,
fuyant de lieux en lieux, méprisés et honnis.
Travailleurs sans métiers,
écrasés en tout temps par le labeur.
Travailleurs dont les mains, en ces jours,
ne servent plus à rien.
Millions d’hommes et de femmes et d’enfants,
dont les cœurs à grands coups
battent encore pour lutter.
Dont l’esprit se révolte contre l’injustice,
sort qui leur fut imposé.
Dont le courage exige le droit
à l’inestimable dignité.
Je témoigne de vous, enfants, femmes et hommes
qui ne voulez pas maudire,
mais aimer et prier, travailler et vous unir,
pour que naisse une terre solidaire.
Une terre, notre terre,
où tout homme aurait mis le meilleur de lui-même
avant que de mourir.
Je témoigne de vous,
hommes, femmes et enfants
dont le renom est désormais gravé
par le cœur, la main et l’outil
sur le marbre de ce parvis des libertés.
Je témoigne de vous pour que les hommes enfin
tiennent raison de l’homme
et refusent à jamais
de la misère la fatalité. »